















Un gril électrique carré monte lentement dans l’ambiance enfumée de l’espace scénique en forme de boîte grise aux coins ouverts, vaguement définie par des tissus gris disposés à l’allemande. L’éclairage croisé en plongée, asperge le dispositif dans un déploiement bidirectionnel d’ombres vertigineuses démesurées. Des formes voûtées humanoïdes semblent traîner des corps au lointain, comme si l’on amenait des chariots de cadavres dans l’arène. Une respiration de créature lyrique déploie ces êtres moribonds, elle leur donne vie comme une marionnettiste dont la longue traîne grise se prolonge dans leur dos.
Pendant ce temps, deux pseudos joueurs ou lutteurs (on imagine qu’ils le sont car des écrans affichent des espèces de pseudonymes pixelisés en arrière plan) malingres mais aux costumes colorés entrent sur scène comme des chiens dans un jeu de quilles et se font face à distance… On est pas bien sûr de ce qui va se passer, rien n’est franc tant les premières minutes tâtonnent dans une ambiance couleur poussière. Tout ce qu’on peut dire à cet instant, c’est que la metteuse en scène du « Ring de Katharsy », Alice Laloy a le sens de la démesure : à l’image des premières images majestueuse du défilé au tapis roulant sous le rideau à la française d’une de ces dernières créations « L’avenir nous le dira » au TNP de Villeurbanne (impliquant notamment la talentueuse maîtrise de l’opéra de Lyon), les premiers instants sont grandiloquents.
Notre surprise passée, les deux « joueurs » commencent à donner des ordres à ces créatures grises, sortes d’esclaves gladiateurs, en les harcelant de leurs invectives pour leur faire faire diverses actions. Ceci interrompu par quelques phrases de chant lyrique passé à la moulinette. On a déjà un peu quitté l’univers du jeu vidéo si tant est qu’on y ai jamais vraiment été car il est rapidement difficile de connecter quoi que ce soit avec de réelles références vidéo ludiques… Comme si la metteuse en scène n’avait en apparence, pas vraiment pris la peine d’explorer cette culture, comme si ça n’était guère plus qu’une idée abstraite bâtie sur un paysage sonore de bribes de sons de consoles des 90’s. Étrange, pour un discours qui semble se focaliser dès les premiers instants du spectacle sur le jeu vidéo sans que l’on sache très bien si c’est du lard ou du cochon et vers quoi l’on s’achemine. On cherchera, dès lors, en vain quelque chose de cet ordre auquel se raccrocher, un sens à ce démarrage en trombe, un lien avec cet univers, un développement vidéoludique, un peu de fond, quelques indices… sans surprise on sera bien à la peine, tout comme, d’ailleurs, on l’était, pour l' »Avenir nous le dira » de déceler la réelle nature des messages contradictoires perçus par le spectateur.
Les deux pièces partagent en tout cas un art des fausses bonnes idées sonores. Pour rappel dans l' »Avenir nous le dira », des machines musicales constituent la scénographie et jouent au long du spectacle une litanie qui si elle constitue une indéniable performance technique de réalisation en informatique musicale, reste très pauvre musicalement. Ici on saluera tout de même la performance de la remarquable chanteuse lyrique Marion Tessou malheureusement sous employée et du « sound design » qui donne à la voix une étrangeté singulièrement désuète. Mais le reste du travail sonore n’est malheureusement qu’enchaînements pénibles : les voix des comédiens sortent spatialement de la scène sans raison, et sont délayées grossièrement dans une sorte de pathétique tentative de spatialisation immersive. Elles sont pénibles, la dynamique est mal gérée, l’équilibre entre les deux est raté, les micros (micros de gamers probablement) frottent, chuintent, sifflent… tout pour vous harceler les tympans ! Si la régie n’est sans doute pas responsable de la plupart des choix artistiques faits à ce sujet, tant en terme de matériel que de couleur sonore, on imagine avec compassion le dépit de l’ingénieur du son contraint à ce travail difficilement gratifiant.
De la danse et de l’acrobatie, on ne peut que saluer la performance des artistes, qui se démènent pour donner du corps à un spectacle en quête de sens. Ils donnent d’eux mêmes et se jettent dans la bataille (ou dans l’arène si vous préférez), certains sont réellement habités, certaines performances sont remarquables. On ne peut pas enlever à la metteuse en scène qu’elle sait s’entourer de talents, mais on sent qu’il sont un peu perdus, se raccrochant à leurs gestes pour essayer d’habiter la pièce au mieux. La technique fait tout ce qu’elle peut pour les aider : la chute, en plusieurs fois, de tout le mobilier d’un salon des cintres, ne suffira pas à les sauver, malgré la prouesse et encore une fois, la perfection du dispositif technique. Au bout de 30 minutes on s’ennuie ferme, on fini par utiliser les bouchons généreusement distribués à l’entrée, pour se reposer les oreilles de ces voix pénibles… et au 4ème match on résiste difficilement à l’envie de s’adonner à une petite sieste ou même de quitter les lieux, par respect pour ses voisins.
Lorsque tout ce petit monde de grisaille se met à trier des déchets (la belle affaire ! A ce stade, de dépit, on imagine la pire des fins consensuelle) on note péniblement que l’inversion de la place de la poubelle de tri par un personnage, est une pseudo-blague écologique, poussant l’un d’eux à se tromper de bac et à perdre des points. On aurait aimé peut être qu’ils jouent à se jeter eux mêmes dans les poubelles, ça aurait sans doute été plus signifiant. Car le reste du temps les joueurs l’occupent à faire s’affronter sans raison ces deux groupes de gris personnages lobotomisés, dans des épreuves ennuyeuses les conduisant à s’habiller, à manger, ou à se battre, au grand dam de nos tympans irrités et de notre cerveau somnolent. Un mauvais jeu vidéo en somme, l’un de ceux qui finiraient invariablement au bout d’une demi-heure a être oublié éternellement dans votre « backlog » si tant est que vous l’ayez acheté tant le pitch n’incite pas à s’y intéresser.
Enfin, lorsque des poupons tombent du ciel et que nos gris protagonistes semblent leur donner une valeur dramatique intense, on ouvre un œil, un vague intérêt nous submerge une fraction de seconde ! Trop tard, l’espoir nous ayant quitté depuis longtemps, c’est la fin et il était temps ! Deux personnages introduisent des cartons dans l’aire centrale, pleins de poudre violette, les zombies s’en serviront pour se retourner contre leurs maîtres joueurs et oppresseurs en les recouvrant niaisement de cette unique couleur.
Faut-il y voir un propos politique ? Sans doute, mais dans quel sens… ?
A propos, rappelons le contexte de la Comédie de Genève au moment ou cette sinistre farce se joue (mai 2026) : suite à un audit RH d’un cabinet indépendant mandaté par la FAD (Fondation d’Art Dramatique en charge de la Comédie) du climat social dans l’institution, la directrice générale Séverine Chavrier vient d’être licenciée. Cela met fin, selon nos sources chez les salariés, à plusieurs années de management délétère et à la démission de plus de 15 personnes. A l’aune de cette actualité, le vague propos politique du « Ring de Katharsy » semble s’installer finalement comme un cheveu sur la soupe dans ce contexte : autant la pièce semble maintenir le spectateur à distance de ses personnages insipides, autant la seule qui peut fasciner, c’est la chanteuse, celle qui probablement a le plus de pouvoir et tire les ficelles… ! Une coïncidence de programmation qui pour le coup génère un drôle d’accident. On se gardera quand même de faire des procès hâtifs à qui que ce soit, l’affaire de la comédie suit son cour au gré des luttes politiques locales, qui il faut le dire commencent à ressembler à une farce grinçante qui devra bientôt trouver son dénouement. La pièce, quand à elle, ne dit pas grand chose d’autre politiquement, c’est un peu court, ces analogies imaginaires ne nous rassasierons malheureusement pas non plus.
Il subsiste donc de cette œuvre une réelle capacité des artistes (circassiens, danseurs, et musiciens) à se démener avec trois fois rien, une technique maîtrisée absolument impressionnante, qui comble beaucoup les béances du spectacles par sa virtuosité. Au delà de cela il ne reste pas grand chose, car si l’on peut parfois se satisfaire d’un spectacle uniquement esthétique (même si c’est toujours un peu frustrant), on ne peut pas se satisfaire d’un spectacle qui n’a rien à dire. L’émotion qu’il nous procure doit nécessairement allier images et discours pour nous happer, c’est une alchimie complexe.
C’est donc bien dommage qu’Alice Laloy semble persister à créer avec autant de moyens des œuvres aussi creuses à une fréquence aussi rapprochée. Mais si on se penche quelques instants sur cette problématique, c’est le même genre de symptômes que l’on retrouve partout dans un monde de la culture en pleine implosion silencieuse : d’une part les institutions, souvent livrées par des élus incompétents à des escrocs dans un but parfois à peine voilé de les saborder pour satisfaire des visées économiques ; d’autre part les compagnies poussées par des financements conditionnés à des créations annuelles frénétiques, essorant leurs personnels et accouchant de spectacles vides pour tenter de survivre. Et par conséquence, tout un monde de la création entièrement tourné vers le sacrifice et la verticalité managériale, qui se fissure aujourd’hui du fait du refus des nouvelles générations d’embrasser cette posture.
A sa décharge, Alice Laloy n’est certainement pas la seule à pâtir des politiques publiques qui noient progressivement toute forme de création dans la fuite en avant depuis plus de 20 ans. La culture a besoin d’air, et surtout de temps, car la création de qualité est à ce prix, celle qui vous bouleverse et qui change votre vie… Et le temps c’est bien sûr de l’argent, elle a donc besoin d’une refonte totale de ses politiques de subvention, d’une ventilation beaucoup plus soignée de ses subsides, de moyens multipliés, de mécénat réellement philanthropique, de partenariat internationaux stimulés, d’une intermittence du spectacle tenant tout le secteur à bout de bras renforcée (et non stigmatisée), de salaires décents (ce qui n’est plus le cas depuis 25 ans…) sans quoi l’hémorragie se poursuivra, jusqu’à ce que créer avec des bouts de ficelles aujourd’hui, se conjugue avec néant de la création demain. D’aucun y sont manifestement déjà parvenus depuis longtemps.
Modifié le
à
par
Je viens juste de faire une jolie découverte alors je voulais la partager en quelques mots : Metal Garden que j’ai découvert grâce à l’inénarrable site Canard PC (https://www.canardpc.com/jeu-video/zoom/cabinet-de-curiosites/metal-garden) et au talent journalistique de l’incomparable Louis-Ferdinand Sébum.
Il s’agit d’un jeu qui ressemble à un FPS (First Person Shoooter), dans un univers gris ou tout est recouvert par une dalle de béton. C’est peu dire mais, à la fois, on ne sait pas trop ce qu’on fait là…. On déboule un peu de nulle part, catapultés sans autre forme de procès… bref, on est pas sur un jeu de rôle où l’on souhaiterait trouver une accroche crédible ! On « pop » juste dans un monde désespéré et basta ! Il va nous aspirer immédiatement dans une vague de noirceur ou plutôt, de grisaille !


Petit à petit on va commencer à comprendre les éléments d’une intrigue interplanétaire dont on retrouve les miettes au gré des discussions surprises, des fouilles, de l’examen des PDA (comme on disait au siècle dernier) retrouvés sur des NPC, etc… Il s’agit manifestement de trouver une issue ou un espoir de sortie.



Bref un pur moment de bonheur de quelques heures, honnêtement quand on est un peu curieux et qu’on aime flâner, en 2 ou 3 heures c’est plié, mais l’ambiance est incroyable ! Ne vous attendez pas à un AAA, c’est l’oeuvre d’une seule personne (avec quelques aides pour les localisations et certaines animations), mais franchement c’est un super bon début, les combats sont simples, tout en étant corrects (disons que nos armes ne sont pas hyper précises ni très différentes) ce n’est pas ce qui compte, on est là avant tout pour l’atmosphère !
Bien sûr, la fin peut paraître un peu frustrante et on aimerai davantage, bien sûr c’est un peu simpliste dans le sens ou rien n’est très développé, mais avec très peu, Aleksandra Herout la développeuse, parvient à nous embarquer dans son monde, et on y croit vite… pour 6 euros sur Itch.io franchement, vous allez kiffer !
On espère que ce n’est qu’un début et on a envie d’en voir plus !

Modifié le
à
par
Ça y est cette fois c’est parti, nous avons nos billets pour le Kazakhstan. A moins d’un cas de force majeure, le 30 septembre nous nous envolerons donc pour Astana, la capitale ! S’ensuivra un long périple à travers l’asie centrale : Kirghizistan, Chine, Corée du Sud, Vietnam, Laos. A titre personnel ça fait tant d’années que j’attends ça 😱, ce n’était pas facile de trouver un créneau, ni de se glisser dans les interstices de la géopolitique !
On croise les doigts pour qu’un nouveau conflit majeur ne se déclare pas entre temps nos politiciens ayant une propension extrême à dégénérer (une pensée vers tous les peuples qui en souffrent).
Au départ il y a plus d’un an, j’avais même envisagé de passer par l’Iran, beaucoup de voyageurs m’ayant dit le plus grand bien de son peuple et de sa culture.
Et puis la situation a d’abord empiré avec Israël pour finir dans la récente surenchère que l’on connaît suite aux « errances états-uniennes » (sans parler de celles d’Israël mais nous sommes malheureusement habitués depuis longtemps). Bref autant dire que nous n’avons pas eu d’autre choix que de changer notre fusil d’épaule (pour rester dans le thème), avec une grande tristesse pour les iraniens cela va sans dire.
Pour finir sur l’aspect politique, je vois d’ici certains esprits chagrins qui dirons « ouuiiiii mais l’avion c’est mal mmmmvoyez » je rétorquerai que je m’en préoccupe : une grande partie du trajet sera donc terrienne (promis je vous mets une carte dans cet article dès que j’y arrive… 😤), mais c’est plus par volonté de ralentir que vraiment par conviction écologique. Et si nous étions aussi prompts à dénoncer les choix politiques qui pilotent les vrais sujets écologiques (le nucléaire, les transports, les industries, les GAFAM, l’IA, le capitalisme, l’agro-alimentaire…) qu’un petit voyage, alors nous pourrions en parler et cela serait intéressant ! De mon côté, pour l’instant j’ai une seule vie, et mon bilan carbone restera toujours inférieur à celui d’une famille occidentale avec enfants. Les missiles volent bas en ce moment mais nous somme vivants alors vive la polémique ! Parce que c’est un blog humain, libre et donc le contraire de l’asepsie ! J’espère d’ailleurs que la rubrique « Tribune » générera aussi des polémiques ;-), il paraît d’ailleurs que @caprica est très politiquement correcte (la peur du gouvernement qui siège non loin ?).
Sinon, nous avons dû réfléchir un peu mieux au site web et restructurer l’information : c’est bien beau de réfléchir au fil de l’eau, mais comme tout change on est obligés de refaire ! Comme un développeur qui n’aurait pas réfléchi avant d’écrire son code quoi ! Ainsi dorénavant vous trouverez les belles images de Dragon’s Gaze sur un site professionnel spécifique qui lui appartient, et ici ce sera plus ouvert, une sorte d’expérience, un mélange de textes et d’images en forme de carnet de voyage mais aussi avec des interventions visuelles, sonores ou littéraires.
Bon je sais bien que beaucoup d’entre vous lirons en diagonale : si c’est le cas ce sera déjà super ! Mais même pendant cette phase d’élaboration ou rien n’est trop fixé, où tout évolue tous les jours, mettez un petit commentaire et ça suffira à mon bonheur… je suis quelqu’un de simple ;-).
En tout cas pouvoir publier un contenu à l’arrache est très satisfaisant ! Pour l’instant je ne me fixe pas trop d’objectifs sur ce blog. J’ai peut être juste besoin d’amis 😉 :
Il va falloir être efficace pour avoir des choses intéressantes à poster régulièrement. Une fois parti, j’espère le faire à minima une fois par semaine ! Entre temps je risque bien de me satisfaire d’une agaçante futilité afin de tester un peu tout ce que je peux faire ici…
Modifié le
à
par
Séville est résolument une ville surprenante pour un européen qui ne connaît pas son histoire ! Riche d’une histoire millénaire et d’influences aussi bien musulmanes que chrétiennes, capitale du flamenco dont ça semble être un business intense, c’est un endroit très touristique. J’ai décidé comme souvent de ne pas visiter les circuits imposés d’une part car je déteste faire la queue et prendre des bains de foule, d’autre part car je voulais limiter mon budget.

A l’heure ou je fais ce voyage l’Alcazar royal est « à partir de 20 euros » sur le site « tiqets » mais en réalité je ne trouve pas à moins de 28 euros et pour le lendemain car ce n’est pas possible le jour même. La cathédrale est quant à elle à 17,50 euros. Je trouve que c’est beaucoup même si c’est probablement le tarif dans d’autres villes comme par exemple les villes italiennes riches en patrimoine de la renaissance comme Florence ou Rome. Par contre en Espagne les églises sont toutes fermées ou payantes, soit c’est l’église, soit c’est le gouvernement qui a abandonné ou décidé de rentabiliser ses lieux de culte… quel dommage ! J’adore pouvoir rentrer dans n’importe quelle petite église et être ébahi comme à Rome par exemple…
Bref, j’ai décidé de passer outre ces écueils et de faire à l’économie ! En gros : de la ballade ! Et comme visite, j’ai résolu d’aller au musée des Beaux arts. La bonne nouvelle c’est que ça ne coûte rien pour les ressortissants de l’union européenne, et que c’est 1,50 euros pour les autres ! Une survivance de service public à louer ! Bref au top… et je décide de prendre les billets sur place parce que je préfère toujours parler à quelqu’un au guichet et échanger un sourire que faire ça sur le net.

Grand bien m’en a pris ! Les lieux étaient calmes ! Ce n’est pas très grand (si je ne m’abuse il y a 14 salles) et je découvre des artistes surtout entre le 16ème et le 19ème.
Parmi eux quelques uns que j’avais croisé mais connaissais très mal : Francisco de Zurbarán dont les Christs en croix sont hypers impressionnants et démonstratifs.

Mais aussi Bartolomé Esteban Murillo avec sa madone adolescente et le portrait de Santa Catalina de Alejandría.

Il y avait également une exposition temporaire qui mettait en exergue la famille Bécquer notamment Joaquín Domínguez Bécquer un peintre bien dans son époque du 19ème aux toiles très variées où l’on voit de très grandes différences dans le traitement de la lumière selon la période.

On découvre aussi Gustavo Adolfo Domínguez Bécquer, son neveu (et fils du peintre José Domínguez Bécquer) qui est l’auteur de dessins et croquis très chouettes pleins d’humour, et qui apparemment est aussi écrivain et poète, je vais m’y intéresser de plus près ;-).
Mais surtout il y a beaucoup d’œuvres du moyen-âge et de la renaissance plus ou moins intéressantes mais ou l’on découvre vraiment très progressivement l’émergence d’un certain naturalisme ou du moins un souci de réalisme qui tranche avec le côté très symboliste du moyen-âge. On voit progressivement poindre une précision dans les textures, l’anatomie etc.
C’est vraiment bien de pouvoir prendre conscience de l’émergence de certains styles au travers de plusieurs artistes sur une période d’une cinquantaine d’années. En tout cas j’ai trouvé cela très didactique.
J’ai donc passé un excellent moment même si ce n’est pas un très grand musée, franchement c’était très agréable, pas trop blindé et ça permettait de faire de vraies découvertes.

Notamment, j’ai découvert une variété de raisin incroyable que je n’avais jamais vue ! Avec des grains très allongés qui n’ont rien à voir avec quoi que ce soit que j’ai jamais vu sur les marchés ou chez les primeurs. Comme quoi les natures mortes révèlent des trésors ! Je l’ai retrouvé dans des natures mortes chez les artistes Giambattista Ruoppolo, italien et Francisco Barrera, espagnol donc c’est que cela devait être assez répandu !
Je n’en ai jamais vu de nos jours, j’espère donc que j’aurais l’occasion de le goûter, à moins que ça ne se soit complètement perdu aujourd’hui, en tout cas en peinture il semble très appétissant.
J’ai donc pu me balader beaucoup dans tout Séville, l’on se perd dans des petites rues étroites conçues pour éviter le soleil. On tombe sur des petites cours intérieures dotées de fontaines et garnies de plantes. Je vous recommande le voyage, mais impérativement hors saison, je n’imagine pas en saison la foule qui doit s’y rendre mais ça doit être un enfer de chaleur et de population…


Modifié le
à
par
J’ai passé quelques jours à Bâle pour des raisons professionnelles, mais si je n’ai pas pu visiter en détail la ville car le temps m’a manqué, j’ai en revanche suivi les conseils avisés d’un ami, en décidant de visiter les collections permanentes du Kunstmuseum.
Grand bien m’en a pris, car je dois avouer que c’est l’un des plus beaux musées qu’il m’ai été donné de voir. Le lieu est très agréable et l’exposition permanente est très bien mise en valeur.
De nombreux grands noms y sont présents à tel point que cette richesse, est au final une orientation qui pénalise, d’une part, les œuvres contemporaines et d’autre part, bien sûr les femmes et les minorités. En effet, dans le musée il est précisé qu’un effort est fait pour compenser, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire : sans exagérer sur plusieurs centaines d’artistes, seules une vingtaine de femmes sont représentées…

Au delà de ce problème qui touche malheureusement beaucoup de grands musées, on apprend (ou remarque à nouveau) que la condition des femmes si elle n’a jamais été reluisante s’est manifestement aggravée au 19ème siècle.
Auparavant certaines femmes pouvaient accéder à un peu de reconnaissance et de postérité en tant qu’artistes ce qui semble plus difficilement le cas ensuite.
Parmi celles qui m’ont marqué, je retiendrais Sophie Taeuber-Arp, parce qu’étant la compagne de Jean/Hans Arp et décédée malheureusement une vingtaine d’années plus tôt que lui, on l’a un peu oubliée alors que son travail me semble avoir autant de valeur que celui de son mari. Charlotte Posenenske une artiste qui travaillait à fabriquer notamment des objets en série, infiniment reproductibles et qui a décidé de changer de métier pour devenir sociologue. Et puis, Louise Lawler et son oeuvre monumentale « (Bunny) Sculpture and Painting (adjusted to fit, distorted for the times)« , elle interroge la place et le sens des œuvres d’art en photographiant les œuvres d’autres artistes (en général des hommes) dans leur contexte et en exposant le résultat modifié dans un autre contexte.

Au 16ème siècle, il y a également Catharina Van Hamessen donc voici l’autoportrait ci-contre en 1548, il s’agit du plus ancien autoportrait connu d’une femme peintre.
C’est aussi la seule reproduction d’œuvre féminine que je peux présenter ici n’ayant pas beaucoup fait de photos, j’avais bien sûr mieux à faire que de mitrailler tout le musée ;-)…
Cela dit, le Kunstmuseum propose une plateforme qui permet d’accéder à un certain nombre de reproductions des œuvres, avec de petites notices explicatives, c’est là que j’ai pu récupérer cette image (aujourd’hui libre de droits). Vous trouverez le site ici et pourrez donc aller voir vous même et constater aussi le déséquilibre que j’ai évoqué.
En résumé je ne peux que vous recommander chaudement ce musée, même si il a des lacunes, les œuvres sont nombreuses et présentées avec un soin particulier, que je n’ai pas toujours trouvé ailleurs. A ce titre le Moma de NYC par exemple est moins soigné (mais plus riche en art contemporain). Par contre, un conseil : prenez votre temps et ne prévoyez rien d’autre dans la journée si vous voulez vraiment en profiter, il vous faudra au minimum 3 heures pour en faire le tour, personnellement j’ai mis plus de 5 heures en prenant mon temps et sur deux jours (un jour pour la partie ancienne, et une autre matinée pour la partie après 1950).

Modifié le
à
par
Aujourd’hui en préparation du voyage futur je me suis documenté sur Kashgar et le Mausolée d’Abakh Khoja. Ca à l’air bien fascinant et même si beaucoup de choses ont changées ces vingt dernières années (mais au fond quel endroit du monde a t-il été épargné ?) j’ai l’illusion de croire que ça vaut sans doute encore la visite et que rien ne doit jamais émousser notre curiosité.
Modifié le
à
par
C’est fou, il y a encore un mois j’hésitais à me lancer dans l’aventure de créer un site web ! Encore un nouveau projet ! J’avais peur de galérer, et d’y passer beaucoup trop de temps. Pour beaucoup de gens ça paraît vraiment hors de portée, et je les comprends !

Lorsqu’on a jamais fait ça de sa vie ou qu’on a vécu une époque où il n’y avait pas moyen de faire autrement que de taper le code dans un éditeur de texte, ça paraît forcément inaccessible.
En 2026, c’est devenu enfantin… ça m’a prit une journée 😮. Bon ok je suis un peu geek, et puis je n’ai pas cherché à faire des miracles, un truc simple me suffit, mais quand même !
A ce sujet, je fais une parenthèse : tout ceci ne serait pas possible sans tout ceux qui font évoluer la communauté du logiciel libre et les projets libres ou open source : Framasoft (et toutes leurs initiatives Framagenda, Framaspace etc.), Linux, Nextcloud, Tor, LibreOffice, Freetube, Gimp, Artherapee, OBS studio, Giroflow, VLC etc. il y en aurait des centaines à citer. Je voulais juste leur tirer un grand coup de chapeau… Le monde n’est pas reluisant, mais sans eux le monde numérique serait en proie au désespoir.
Trêve de digressions, j’ai un peu réfléchi à cette décision de poster un carnet de voyage en ligne… J’ai pris conscience que malgré le fait que c’est devenu simple, c’est probablement une décision complètement anachronique pour ne pas dire surannée !
Alors pour en avoir le cœur net, je suis passé aujourd’hui sur le site web d’une vraie personne, pas une IA ! Une spécialiste du streaming et des voyages, Trinity une streameuse qui fait des live IRL en voyage autour du monde que j’ai un peu suivie un temps, qui tient un carnet de voyages, et qui fait de très jolies photos. Je me suis rendu compte… qu’elle n’avait pas mis son carnet à jour depuis 2023. Ce détail m’a fait réfléchir bien au delà de cet exemple.
Aujourd’hui, sans toujours s’en rendre compte, les particuliers (comme les pros) s’adonnent au marketing, cette stratégie de communication qui exalte la performance : on ne se pose pas la question du contenu, on n’a pas le temps, on doit grossir, croître, « growth » en anglais, c’est ça être efficace ! Il faut remplir des objectifs, être « agile », gagner des parts de marché, être beau, gagner de l’argent ! Puis surtout être intelligent…🎵 (vous l’avez ?).
Je m’enflamme mais, qu’est ce qui nous touche massivement ? Nos téléphones et les réseaux sociaux qui sont aujourd’hui au cœur de nos vies. Instagram, Tik tok, Facebook, Youtube, Whatsapp, Twitch, Telegram, Kick, Signal… les applications fourmillent. En un mois on m’a parlé plusieurs fois de Polarsteps (créé en 2015 et dont je n’avais pas connaissance… on est jamais assez connectés😜) lorsque j’ai évoqué mes projets de voyages…
Bref, on est noyés sous des tonnes d’applis qui diffusent du fond de tiroir et du fake en boucle. Les sites web de leur côté sont surtout cantonnés à la vente, ils vous coachent pour partager « efficacement » votre carnet de route, vous expliquent où il faut aller, en vendant les prestations de leurs partenaires, l’enfer !
Je ne vais pas débattre des applications de réseaux sociaux pour savoir laquelle est la meilleure (quoi que ça ferait de l’audience 😅), elles ont toutes, bien sûr, leurs qualités et leurs défauts… Leur qualité principale c’est leur force de frappe médiatique : tout le monde imagine en avoir besoin. Leur défaut, c’est qu’elles noient aujourd’hui dans la masse ceux, qui ne sont pas là pour faire du business, des minorités en somme, qui ont envie d’un autre internet ; et qu’elles récupèrent la vie privée du monde entier, la convertissent en monnaie, la donnent à manger à leurs IA qui dévorent déjà le monde de demain virtuellement, écologiquement et peut être déjà un peu politiquement ? La vente de nos vies privées au delà de l’éthique a engendré des monstres multinationaux, les récentes polémiques autour des patrons de Méta, de Twitter/X, d’Apple, d’Amazon etc. et dans les toutes dernières semaines autour de Microsoft et sa stratégie avec Windows 11, n’ont fait que révéler davantage la dangerosité de leur pouvoir.
On prend conscience que ce n’est pas seulement la vie privée de chacun qui est touchée mais nos modes de vie, nos façons de s’informer, de se distraire, de travailler etc. Et s’il y a urgence à réagir les alternatives aujourd’hui efficaces restent moins visibles (car moins « marketées » n’ayant pas les mêmes finalités politiques), elles ont donc plus de mal à convaincre. Parmi nous, beaucoup font mine d’ignorer les menaces, au mieux, parce qu’ils ont la flemme de s’occuper de ça, au pire – si vous essayez de les sensibiliser – en vous imaginant sous les traits d’un ignoble militant sujet au complotisme (c’est mal mmmvoyez…).
Pas facile d’éviter tout les écueils, les applis, le marketing, l’injonction à la performance, les GAFAM… et de maintenir son projet, un tout petit blog tout simple fait avec amour, mais qui accessoirement me servira de portfolio pour montrer mes travaux sans en faire des tonnes.

« Lorsque l’on met quelque chose en ligne il faut accepter une certaine perte de contrôle »
Je me suis dit, d’une part, que lorsque l’on met quelque chose en ligne il faut nécessairement accepter une certaine perte de contrôle, et de l’autre, que si je pouvais éviter de confier cette belle expérience humaine aux GAFAM ça me ferait plaisir.
J’ai donc choisi :
Rien n’est idéal, on le voit notamment dans l’affaire Proton qu’on croyait un peu exemplaire, c’est la jungle, mais on défriche et on essaie de faire au mieux ;-).
Je me suis aussi posé la question pourquoi en général cherche t-on à avoir une audience ? As t-on tant besoin de reconnaissance ? Est ce que ce n’est pas juste un peu prétentieux ? Qui vais-je intéresser ? Et si ça n’intéresse personne 😱? Pire, imaginons que ça buzze un peu, est ce qu’il n’y a pas des gens mal intentionnés qui vont mal interpréter (volontairement ou non) mes propos pour me discréditer 💩? Et dans ce cas que ferais je des « haters » éventuels 🪓 ?
Vous savez quoi ? Les propos qui suivent n’engagent que moi seul, mais ça fait beaucoup trop de questions pour un truc qui doit être simple ! Je n’ai pas étudié des tonnes d’articles de psychologie pour comprendre comment notre cerveau fonctionne, mais j’ai néanmoins conscience de quelques notions… j’ai tranché !

Sauf le respect de ceux qui me lirons, je crois que je ne fais ce carnet de voyage que pour moi et mes proches…
Je le fais comme un témoignage qui ne sera peut être jamais lu, comme on jette une bouteille à la mer ou plutôt dans un océan de données.
En gros, je le vois à l’envers de l’influenceur qui cherche le retour immédiat (sur investissement)😜, en langage de « gamer » je dirais que je ne cherche pas à « scorer » ou à « speedrunner », je veux au contraire explorer avec soin, et qualité. Se soucier des réactions à priori, c’est pour moi la voie la pire (comme dans la création d’un spectacle). Si ça plaît ce sera tant mieux ça me fera plaisir, si certains haïssent, et bien je crois que ça me fera encore plus plaisir🤣, au moins les aurais-je touchés.
En terme de quantité, s’il y a ici trois personnes qui passent tous les mois ce sera déjà merveilleux, et s’ils sont contents ce sera formidable 🥳 !!! Mais ça ne sera jamais un but, la seule chose qui m’intéresse c’est de prendre du plaisir à le faire. Et si par miracle, cette bouteille surnageait un peu longtemps sur les flots déchaînés des robots et de l’IA, ce sera une belle métaphore de ce qui peut rester de valable dans l’humanité 😉.
Bon tout ceci c’est bien beau, essayer d’éviter les écueils, avoir une éthique, tout ça… mais il me reste une chose à résoudre. J’ai relu cet article 50 fois en me demandant si je le publiais… il m’apparaît maintenant évident que le plus gros problème à éviter : c’est la tentation du bavardage…
Modifié le
à
par
Bonjour,
Voici la première pierre de notre blog du futur ;-).
On part de loin, on essaie de mettre en place quelque chose de facile, car dans un an, il nous faudra avoir sous la main un outil efficace et pas trop complexe à utiliser pour pouvoir partager nos aventures un peu partout sans que la technique nous prenne trop de temps !
Donc pour ceux qui passeraient par là, n’hésitez pas à nous dire ce que vous pensez de nos améliorations progressives on aura bien besoin de vos retours.
Pourquoi se lancent-on dans cette aventure en plus d’un voyage ? Pour plein de raisons :
C’est bien sûr sans prétentions, mais comme je suis un petit peu perfectionniste, c’est l’occasion d’apprendre à lâcher prise et à envoyer des choses toutes simples sur les réseaux en espérant qu’elles touchent d’autres que nous.
Un peu comme ça, à l’improviste…
A très vite !
Modifié le
à
par