Arte est malade, c’est à cause de l’Iran !


Alors que je prenais des nouvelles du nouveau conflit au moyen orient, initié par un tandem de criminels de la pire espèce j’ai nommé M. Trump et M. Netanyahou, à l’heure ou, en France, la pétition contre la loi Yadan récolte plus de 600000 signatures, Arte dans son journal du 08/04/2026 fait intervenir Frédéric Encel présenté comme « Expert en géopolitique, Université Paris 8  » : https://www.arte.tv/fr/videos/129042-071-A/arte-journal-08-04-2026. J’écoute quelques minutes, il semble être catégorique sans s’appuyer sur grand chose, je ne connais pas le personnage, ça me titille un peu ! D’autant que pour parler du cessez-le-feu au moyen-orient, il me semble important de bien choisir son interlocuteur. Je me lance donc dans une petite vérification de routine.

En trois clics, j’apprends alors beaucoup de choses, notamment que ce monsieur est un pro-israëlien sioniste. Passe encore, même si l’histoire à montré que c’était indissociable d’un certain impérialisme/colonialisme, chacun a le droit d’avoir des opinions fussent elles détestables. Mais il fait partie du Cercle de l’Oratoire, groupuscule néoconservateur ayant manifesté son soutien à la guerre en Irak, en Afghanistan, et qui lutte officiellement contre l’Islam « radical »…
Arrêtons nous un instant sur cette notion très floue. Ce n’est pas nouveau que toutes les religions comportent leur lot de fanatiques (pour ceux que la croyance aveugle) et que pour être juste et impartial il faudrait examiner les choses de manière globale et pas seulement dans l’islam, ni même dans la religion. De plus, je ne vois pas en quoi le radicalisme est un problème, cela me semble même plutôt sain, le Littré défini radical : « Qui a rapport au principe, à l’essence, à la racine d’une chose. » Et si on veut parler de politique il est écrit « Qui travaille à la réformation complète, absolue, de l’ordre politique (…) » . Je ne sais pas vous, mais j’aurais plutôt tendance à m’y intéresser étant donné ce que nous subissons politiquement en occident, non ?
Mais revenons à nos moutons, il semble tout simplement notable après un examen succint, que ce cercle et plus généralement les néo-conservateurs (mouvement à la base, américain) ont choisis de désigner l’Islam comme un coupable prioritaire.
Arte a donc décidé, pour parler du conflit au Moyen Orient de demander ses lumières à un personnage impérialiste, pro-USA, pro-Israël, sioniste, anti-islam ! Mais comment des journalistes censément respectables ont-ils été conduits à penser que c’était judicieux !? Le.la gros.se malin.e chez Arte qui a choisi d’interviewer Encel n’a t-il.elle pas suscité de réaction ? Personne chez eux n’a suggéré un personnage un peu professionnel, un peu neutre qui traiterait mieux ce sujet délicat ? J’ai dû mal à croire à une telle déliquescence du journalisme public. L’effet délétère d’un acharnement politique sur la culture et les médias ? Car effectivement après avoir regardé le sujet et lu quelques articles pour en savoir plus, on ne peut que constater que l’édifiant point de vue de ce monsieur est emprunt d’une telle surenchère de mauvaise fois que c’en est absolument invraisemblable sur une chaîne financée par l’argent public.

Je vais être concise, je citerai juste un exemple :

Alors que la journaliste lui demande au sujet du cessez le feu tout juste sorti du four : « Est ce que l’attitude jusqu’au boutiste de Netanyahou pourrait mettre en danger les négociations à venir ? » , il commence par répondre notamment : « (…)C’est (…) seulement (…) une possibilité (…) parce que le Hezbollah est inféodé à son créateur c’est à dire l’Iran depuis 1982, ça on le sait (…) » . Curieuse façon d’amorcer une réponse, bien loin de la question, un artefact rhétorique dont le but me paraît de remplacer la question par un autre sujet ! Le lien n’est en effet pas évident, et bien sûr il ne cite pas ses sources d' »expert », alors on vérifie, et tout le contredit.

Le Hezbollah a été fondé notamment par un Libanais Subhi al-Toufeili (premier secrétaire général), qu’on ne peut pas suspecter d’être pro-iranien (même s’il est d’obédience Chiite) ayant manifestement dénoncé à la suite de son mandat l’influence grandissante de l’Iran dans le mouvement…

Puis Encel déclare après quelques circonvolutions « (…) je vais vous dire, tout dépendra en réalité de la volonté du régime iranien (ou de ce qu’il reste du régime iranien) de maintenir, de préserver le cessez le feu (…) ou alors de continuer à pousser le Hezbollah à continuer à riposter, même si les ripostes du Hezbollah sont moins puissantes évidemment, que celles d’Israël au Liban. Donc rien n’est mécanique. »

  • D’abord, outre cette lamentable façon de s’exprimer : « je vais vous dire » sous entendu, « ma petite dame je vais vous expliquer, car moi je sais et je ne suis pas n’importe qui » très courante chez les politiciens, et exprimant nonchalamment de la condescendance voire du mépris de classe, il élimine à mon sens à l’emporte-pièce les politiciens iraniens (« ce qu’il reste du régime iranien » ), car si quelques responsables ont été assassinés, la classe politique iranienne semble néanmoins loin d’avoir disparue pour autant.
  • Il affirme que c’est au régime iranien « de maintenir, de préserver le cessez le feu » , il a probablement oublié la question de la journaliste, à moins qu’il ne préfère la faire oublier… Selon lui rien ne semble en tout cas dépendre d’Israël puisque « tout dépendra en réalité de la volonté du régime iranien » .
    Je fais une micro digression sur le choix de ce mot : « régime iranien »… en effet, pourquoi ne nous parlons jamais de « régime français » ? Peut être parce que ce terme contient un jugement en pointant sa singularité ou sa « différence »? Ne pourrait on par parler de « gouvernement iranien » ? Ne serait ce pas plus juste ? Plutôt que de tourner autour du pot en se pinçant le nez ? Les journalistes véhiculent en permanence ces jugements, à fortiori par exemple quand ils parlent de « régime des mollahs » au lieu d’utiliser par exemple, le mot Théocratie… Encel ne fait, en fait, que reprendre ces mots, ces figures de style jamais tout à fait neutres, que les médias ont participé à démocratiser.
  • Ensuite il formule une croyance dans la capacité militaire d’Israël et pas du tout dans celle du Hezbollah, auquel il n’accorde d’ailleurs aucun libre arbitre comme si c’était seulement le jouet de l’Iran alors que son réseau politique est d’après son histoire, beaucoup plus large. Pour la capacité militaire soit Encel a été constater sur place, soit il a des espions, car je ne vois pas comment il pourrait avoir des informations crédibles de cet ordre alors que cela relève nécessairement du secret militaire.
    Notons qu’un peu avant dans l’interview, il avait fait la même chose en avançant que l’Iran était au bout de sa capacité militaire suite à la guerre et qu’il n’aurait absolument pas la capacité de régénérer ses armes à moyen terme ! Là encore, aucune preuve de ce qu’il avance, mais cela lui avait permis de conclure magiquement à la victoire stratégique de Trump… !
  • Il conclut « donc rien n’est mécanique. » pour soi disant répondre à la question posée ! Alors qu’en substance, si je dois résumer, il est dit précédemment : le jusqu’au boutisme de Netanyahou n’est pas le sujet, car le sujet on l’aura compris c’est l’Iran et son petit rejeton le Hezbollah, qui en se défendant (Ah le vil ! Le fourbe ! Le criminel ! Il se défend !) sont les responsables de l’échec potentiel de toutes les négociations, qui dans le futur, pourraient avoir lieu. Rien de tout ça n’aurait lieu s’ils courbaient tout deux l’échine et acceptait raisonnablement la domination Israëlienne évidente !

Serions nous passé à côté de quelque chose ? Arte a t’elle récemment été rachetée par Dassault, Bernard Arnault ou qui sait ? Par le Mossad ?

En fait, plusieurs journalistes ayant collaboré ou collaborant encore de près ou de loin avec Arte, notamment Michel et Florence Taubmann, Antoine Vitkine, Michaël Prazan, Susanna Dörhage étaient impliqués dans la revue du Cercle de l’Oratoire à l’époque intitulée « Le meilleur des mondes » (Michel Taubmann en a même été le rédacteur en chef). Revue qui a notamment soutenu la politique de G.W. Bush, R. Redecker un islamophobe etc etc. Bref ne voulant pas établir de conclusions hâtives, j’ai donc voulu vérifier qui était le réalisateur, mais Arte avait déjà ôté son émission de son site. Ceci reste donc en suspend, n’hésitez pas à poster des commentaires si vous avez l’information du réalisateur etc..

Au fil de mes recherches je me suis rendue compte que le média indépendant Blast avait déjà dénoncé en juin 2025 le biais d’expertise dont Encel fait l’objet et dont les chaines de télévision abusent en en faisant un expert d’à peu près tout. Sur ce point on peut donc directement lire l’article ci-dessous, ils ont pris le temps d’investiguer la question en détail. Je vous laisse à cette lecture j’ai déjà été beaucoup trop longue !

https://www.blast-info.fr/articles/2025/cher-frederic-encel-boxing-day-39-M2Q6DJ2WQ5i_AS-a5_bzcg

A très bientôt pour de nouveaux scandales !


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Hello again

Pourquoi je suis là ? La question mérite d’être posée parce que… Pour ceux qui veulent la réponse courte, c’est juste parce que Philémon, le créateur du blog, m’a proposé d’y contribuer. C’est tout. Merci. Bonne journée.

Sinon, au départ, je ne savais pas trop si j’avais envie de faire ça. Ou plutôt, pourquoi le faire. J’ai désinvesti la Toile il y a quelques années pour plusieurs raisons, mais la principale est que je ne voulais plus ajouter du bruit au bruit. Parce que le Web d’aujourd’hui n’est plus celui de 2004, ni même de 2014. Parce que le Web que j’ai investi au début était un espace de liberté que chacun pouvait s’approprier, mais qui était, en pratique, un terrain de jeu pour les geeks, les créatifs et quelques hurluberlus. Je me souviens de MySpace à la fin des années 2000 : une grosse machine à fric déjà, peut-être, certes… mais l’ambiance était bon enfant. Ceux qui n’avaient rien à dire ni à montrer se tenaient à l’écart, ou se contentaient de venir en spectateurs. La politique était quasi absente des débats. Chacun goûtait la joie d’être une star dans sa salle de bain en compagnie d’autres stars, toutes en peignoir. On vibrait sans piles. On brillait dans le noir. Ce qui comptait, c’était le jeu, l’être et le faire, pas l’opinion.

Flash forward au début des années 2020. Les réseaux sociaux sont une foire d’empoigne, une arène où chacun est en train de hurler, s’indigner et vomir ses opinions sur un monde qui, en toute objectivité, n’en veut pas et n’en a pas besoin. L’idée selon laquelle tout le monde a quelque chose à dire est absurde. La plupart des gens n’ont rien à dire. Ils ont juste à vivre — et encore. Mais on leur a fourré dans la tête que leurs opinions méritaient d’être entendues, diffusées, commentées. Que les propos qui s’échangeaient au comptoir du PMU méritaient, désormais, de faire la une du Monde. Les débats se sont politisés, radicalisés, conspiracisés. Les trolls d’hier sont les gourous d’aujourd’hui. Et ne nous y trompons pas : rien de tout ça ne s’est fait au nom de la liberté d’expression. Tout ça s’est fait pour générer du clic et enrichir quelques milliardaires californiens. Les réseaux sociaux, c’est la télé-réalité à l’échelle planétaire : plus t’es bête et méchant, plus t’es rentable.

Je n’avais pas envie de faire partie de ça. En outre, je ne sais même pas si j’ai des choses si intéressantes à dire. Avouons-le, j’ai parfois commis de la bonne poésie, voire de la bonne prose, mais d’ici à croire que mes pensées fugaces méritent d’être diffusées comme ça — en masse, dans la masse et contre la masse ? Je ne sais pas. Pas comme ça. Ça ne m’a pas semblé assez important, assez pertinent pour continuer de prendre part à cette mascarade. On m’a parfois opposé qu’en général, j’émettais davantage de signal que de bruit. C’est gentil. Merci. Mais ça ne change rien. Il m’a paru qu’à l’heure où tout le monde est en train de hurler, le plus sage est de se taire.

Il y avait ça et d’autres choses, et c’est là qu’on touche à ce que m’a dit Philémon. Bon, déjà, il m’a dit qu’on n’était « pas encore morts ». L’argument est valide, quoique. J’en parlerai une autre fois, mais avoir passé 40 ans me donne souvent l’impression d’être déjà une petite mort. Mais OK, soit.

Puis, il y a toute cette technologie qui nous a tant donné, puis tant repris. Dès le début des années 2010, les algorithmes ont foutu la merde. Je me souviens d’un temps où l’on voyait tout ce que nos contacts postaient sur les réseaux. Tout et dans l’ordre, au fur et à mesure. Ensuite, la Silicon Valley a décidé que ça n’était pas bien. Que puisqu’il fallait payer des pubs pour être visible, les propositions artistiques seraient soit sponsorisées, soit dépriorisées. Que puisqu’il fallait maximiser l’engagement (un mot poli pour « addiction ») des utilisateurs, on verrait toujours les mêmes trucs des mêmes gens en priorité : ceux que l’algo croit qu’on aime — des chatons, des bébés, des photos de vacances à la con… Et, surtout, des messages polémiques. Du genre qu’on ne peut s’empêcher de commenter. Du genre qui nous divisent parce qu’on n’est pas d’accord. Les réseaux sociaux, c’est pas une terrasse de café où on s’engueule avant de trinquer à nos désaccords. On s’engueule et on repart fâchés, c’est tout. À force d’algorithmes, les artistes et les créatifs sont invisibilisés. Les radicaux, les propagandistes et les marchands de vide, au contraire, sont sous le feu des projecteurs. Ça aussi, ça m’a soûlé. Et puis voilà qu’Internet est mort, ou en passe de le devenir.

C’est ça que m’a rappelé Philémon : aujourd’hui, on estime que 30 à 60 % des contenus textuels postés en ligne sont générés par des IA. Ça ne fera qu’augmenter. C’est vrai aussi pour la musique (20 à 25 % des titres uploadés sur les sites de streaming sont des deepfakes) et pour tout le reste. Ce n’est pas que je sois contre l’IA — j’en reparlerai sans doute, c’est un sujet qui me fascine. Mais quand même, si on ajoute le bruit des IA au tri des algorithmes, le résultat est que, chaque jour, la Toile nous échappe un peu plus. Alors, peut-être, m’a dit Philémon, peut-être que remettre un peu d’humain dans le game, ce n’est pas si con à ce stade. Un peu désespéré, peut-être, mais pas si con.

Et puis il y a autre chose : à force de ne plus écrire (ou, du moins, de ne plus écrire que sur commande et pour de l’argent), je trouve l’existence un peu ennuyeuse. Ma pratique, c’était ma façon de faire de la magie. La vie, sans ça, est assez monotone.

Maybe… or maybe it is?
(Images : « Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot » — Gus Van Sant, 2018. )

Mais je ne savais pas trop par quel bout commencer pour m’y remettre. Alors, après tout, pourquoi pas par-là ? Ce qui m’a plu, c’est l’idée que probablement, puisque ce site ne fera l’objet d’aucune promotion, personne ne lira ce que j’y publierai. Et que même si quelqu’un arrive là par hasard, personne ne saura qui je suis. Je commencerai par des billets d’humeur tels que celui-ci jusqu’à laisser, je l’espère, un peu de poésie et de littérature s’engouffrer dans la brèche. La question demeure de savoir si je produirai du signal ou du bruit. Vous en jugerez. Ou plutôt non, puisque vous ne lirez pas ces lignes.

Peut-être, un jour, je réinvestirai ma Toile, mon nom, mes réseaux sociaux, mon site et mon blog. Peut-être. En attendant, l’idée d’écrire tout ce qui me passe par la tête sur un blog que personne ne lit me séduit beaucoup. C’est, au fond, une manière assumée de crier dans le vide. Et c’est mieux que de crier dans un trop plein.

Alors voilà.