Un autre aspect du Karlag


7 octobre 2026

Dernier jour à Karaganda.

Les matins de voyages dans l’espace étant souvent plus difficiles, nous choisissons de faire l’impasse sur la visite du Karlag (ancien camp de travail de Karaganda pendant la période soviétique) et de ne pas aller jusqu’à Dolinka pour cela. Le camp est loin : 2 heures de bus et nous avons un peu peur des mises en scène que nous avons vues en ligne, et aussi finalement de ne pas apprendre grand chose sur place, peut être à tort. Il fait plutôt beau et nous avons envie de marcher davantage dans la ville notamment en direction d’une cathédrale dans le sud censée être la plus important d’Asie centrale, construite en mémoire des persécutions des catholiques et de leur déportation au Karlag, mais surtout pour découvrir aussi un peu les quartiers sur le chemin car le temps passe vite et nous avons envie de découvrir mieux la ville. A ce propos désolé mais j’ai oublié d’enregistrer correctement toutes les traces du premier jour et de l’arrivée ici 😥.

La cathédrale est certes imposante, rien de fou, mais c’est plus le voyage jusque là qui était intéressant. Les quartiers d’habitation complètement destroy (aficionados du jeu de rôle et de Nucleus nous sommes dans les tréfonds d’Amenthes avec les illégaux, l’odeur acre du perchlorate partout, la déglingue, le bricolage, les petits arrangements, la récup…, pour les autres désolé pour la private joke) au milieu de carcasses de véhicules désossés, d’odeurs d’ordures brûlées, de chaussées défoncées…, drapeaux gigantesques, stade, nouvelles tours au pieds desquelles trônent des installations de musculation flambant neuves… stations services affichant des prix à 0,60 centimes le litre de sans plomb 95. Au retour nous passons par une espèce de gigantesque supermarché aux allures de bazar… on est déjà plus à Astana, mais pas encore vraiment au Turkestan.

Le soir nous retournons chez notre Russe préféré, nous discutons quelques mots avec un type qui connait un peu Lyon et qui y est venu brièvement travailler pour une société de construction d’engins miniers, dont nous n’avions jamais entendu parler. Et quelques minutes après notre discussion, une femme vient nous voir, le type asiatique, un peu éméchée et nous demandes d’où nous venons dans un anglais pas facile… on discute un peu. Tout cela se finit à sa table, elle est avec son amie et une autre fille qu’elles ont rencontré le même soir. On ose pas amorcer la discussion, mais un coup d’œil sur le net m’indique ensuite que si la législation sur les droits des personnes LGBTQIA+ est plutôt moderne, il reste beaucoup de chemin à faire en matière de tolérance : victimes de ségrégation et de violences, la plupart des personnes concernées semble préférer taire leurs orientations.

La discussion se fait avec les téléphones sans quoi ça aurait été impossible, mais on arrive à communiquer un peu car pour deux d’entre elles, l’anglais est au moins compris, ce qui aide. Elle ont beaucoup de questions sur ce qu’on vient faire là, dans cette « piscine vide » (expression Kazakh traduite automatiquement et littéralement mais que j’ai trouvé imagée), et aussi plein de questions perso. Bref on passe un chouette moment, on se fait offrir un verre de Vodka et on les incite à nous faire signe quand elle viendront en France au mois d’Avril. On s’enfuit lâchement après le premier verre de Vodka échappant au traquenard, car on doit se lever super tôt le lendemain pour prendre le train, mais on espère que nous pourrons remettre ça dans quelques mois.


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