25-26-27 octobre 2026
La découverte de Bichkek se poursuit dans la même atmosphère que les deux premiers jours. On prend le temps d’inspirer et d’expirer profondément, et nos déambulations nous emmènent sur des chemins, chaque jour, différents… On a presque fini par quadriller le centre-ville !


Les petits plaisirs de la vie s’enchaînent, entre balades au gré des envies, des temps d’écriture au chaud dans des cafés, de dégustations de petits pains farcis dégottés au coin d’une rue, d’observation de divers bâtiments et/ou monuments… Certains nous font même des blagues : si la Grande Mosquée a disparu de la surface de la Terre (pour quelle raison, Dieu seul sait), d’autres bâtiments ont sorti le bout de leur nez (et bien haut le nez !), depuis la dernière mise à jour de la carte. On découvre la presque-copie du bâtiment soviétique dans lequel nous avions dormi à Astana, est-ce que l’Empire contre attaque ? Etonnant en tout cas !



Tous ces plaisirs simples sont aussi entrecoupés d’événements plus marquants, tels que le premier tour de grande roue de Philémon dans le parc Panfilov (Note de Philémon : oui le même qu’à Almaty, encore lui !), la visite du musée historique d’Etat ou encore la découverte d’un espace intrigant dans un parc, centré sur l’éveil des sens avec des activités ludiques, sportives et musicales, accessibles à tous (mêmes aux personnes âgées et/ou handicapées). Sur ce point, au Kazakhstan aussi nous avions rencontré le même genre d’endroits dans certains parcs, invitant à l’inclusivité vis-à-vis du handicap et notamment des enfants… Ça donne matière à réfléchir !



Fenêtre sur le musée historique d’Etat
Notable, à la fois parce qu’on fait assez peu de musées, finalement, mais aussi par ce qu’il contient, et par les réflexions qu’il nous a inspiré… C’est un imposant musée vu de l’extérieur qui propose donc, en 3 étages, de parcourir l’Histoire du Kirghizistan, depuis la Préhistoire jusqu’à aujourd’hui (ou presque). Nous traversons les âges au gré des salles et des collections d’objets présentées (même si je trouve que c’est vite source de saturation ce genre de propositions mais bon…), et découvrons, ma foi, il faut bien l’avouer, une histoire que nous ignorions pour une très grande part.
Au fil de l’exposition, on comprend un peu mieux les tenants et aboutissants de l’entrée du Kirghizistan dans l’empire russe et l’URSS : acculés par des invasions ouzbek, la femme du dirigeant kirghiz (dont le mari vient de mourir) scelle un pacte avec les russes pour essayer de sauver ce qu’il reste de son pays… Un pacte avec le diable ? Qui se soldera par la soumission du peuple kirghiz à la politique soviétique. Les panneaux dépeignent en effet les répressions subies sous ce régime totalitaire au début du 20e siècle, notamment en terme de politique, culture, traditions, etc (le poème de Manas sera même interdit à la publication par exemple, et certains auteurs seront également condamnés pour leurs écrits).
Mais s’il nous semblait jusque là qu’il y avait une certaine ouverture d’esprit dans la présentation, et un recul plus prononcé notamment sur l’histoire soviétique, la dernière partie (la plus récente malheureusement) nous a, un peu, fait déchanter… Déjà pourquoi ce 3e étage n’est-il pas traduit en anglais alors que tout le reste du musée l’est ? Les manifestations des années 2020 sont effacées de l’histoire, à l’image de la restriction du peuple face à certains de ses droits et libertés. A la place, nous traversons une magnifique vitrine exposant la valeur et la grandeur de la « République kirghize », décorée de multiples objets offerts par d’autres états du monde, d’affiches des « Nomads games » remis en place depuis quelques années, et d’un immense drapeau rouge trônant au milieu de pas grand chose… Beaucoup d’apparat pour peu de fond !
Bon mais je crois que vous avez saisi un peu l’ambiance globale de ce séjour dans la capitale kirghiz… Maintenant, laissez-moi vous partager aussi l’envers de l’endroit, comme dirait Philémon, ou les backstages ! Parce que si nous avons l’air de nous laisser porter à Bichkek, il faut également commencer à prévoir la suite du programme au Kirghizistan.
Puisqu’aucune information n’est facilement accessible en ville ou sur internet, nous prenons une petite demi-journée pour faire un aller-retour à la gare routière, afin de glaner des infos sur nos possibilités de transport dans le pays. Armés de nos traducteurs et d’un cahier griffonné avec des mots/schémas clés correspondant à nos questions, nous nous présentons à une dame derrière son guichet, qui ne parle pas anglais. Au bout du deuxième guichet, à force de persévérance et grâce à la coopération de la dame durement gagnée, nous arrivons à obtenir les réponses à nos questions :
- Nous : "Bichkek —> Karakol ?"
- Elle : Possible, tous les jours, soit en bus de nuit, soit en minibus (« marshrutkas »).
- Nous : "Bichkek —> Naryn ?"
- Elle : Possible, tous les jours, soit en bus de nuit, soit en minibus (« marshrutkas »).
- Nous : "Naryn —> Kachgar (China)?"
- Elle : Possible, 2 fois par semaine, les 3e et 7e jours de la semaine (c'est-à-dire les mercredis et dimanches, faut décrypter !).

Le parcours commence à se dessiner, nous commencerons par Karakol, agrémenté de quelques étapes autour du lac Iessik, puisque nous n’avons pas besoin, a priori, de repasser par Bichkek pour aller à Naryn. Mais pour ce faire, deux possibilités s’offrent à nous :
- Option n°1 : louer une voiture
- Option n°2 : prendre les transports en commun
GRAND DILEMME ! D’un côté, c’est la liberté d’aller où bon nous semble et quand on le souhaite, c’est la possibilité d’explorer par nous-mêmes les paysages plus reculés qu’offre ce pays… Mais cela implique de devoir conduire, et je ne sais pas vous, mais pour moi ce n’est pas une partie de plaisir ! Surtout que les kirghiz ont l’air d’être un peu les italiens de l’Asie centrale. Et les routes en moins, car en dehors des villes, il semble que ce soit plus des chemins de terre que du goudron… De plus, le temps se rafraîchit, Karakol se trouve à 1690m d’altitude, entouré par les montagnes du Tian Shan, avec sa propre station de ski à une dizaine de km (j’ai bien envie d’y faire une descente ou deux d’ailleurs). La perspective de me perdre en montagne sur des chemins enneigés m’angoisse un peu… Pas si aventurière que ça finalement !
De l’autre côté, choisir les transports en commun c’est opter pour une solution plus économique, moins stressante au niveau de la conduite, puisque l’on délègue cette responsabilité à quelqu’un dont c’est le métier. Cela nous permet aussi d’être plus poches des locaux, mais évidemment, cette option offre une bien moins grande flexibilité dans nos possibilités de déplacements…
Après plusieurs discussions, pesant le pour et le contre, nous finissons par tomber d’accord : ce sera le bus… Espérons que ce sera sans regret !

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