Shymkent, la douceur de vivre, simplement, suite.


13 – 14 octobre 2026

Nous avons donc passé deux journées complètes à Shymkent. Si nous avons évidemment croisé des parcs, des monuments, des musées ou des théâtres… Comme je le disais, c’est plutôt l’ambiance générale qui se dégage de la ville qui est remarquable. Déjà, Shymkent est peut-être la ville la plus vivante et investie que nous ayons croisée, les gens se promènent, rient dans les parcs, se posent sur les balançoires, boivent en terrasse… Il faut dire que le climat est aussi plus clément qu’à Astana ! 

Avançant à un rythme tranquille, nous traversons la ville en direction du sud depuis notre hôtel. Nous découvrons le parc Abay et son mémorial pour les participants à la Grande Guerre (2e guerre mondiale pour eux), enfin un vrai parc avec de vrais arbres ! Puis nous contournons le Shymkent Plaza, immense centre commercial dans lequel il est interdit de prendre des photos (contrebande ? les enseignes présentent toutes les plus grandes marques que l’on trouve chez nous…), en direction de la rivière Kochkar-Ata et de la citadelle de Shymkent. Sur le chemin, nous découvrons des lotissements tranquilles (étrange de voir autant d’espace dans le cœur d’un centre-ville de plus d’un million d’habitants). 

Merde ! Philémon a disparu ! Il marchait bien derrière moi pourtant… Je fais demi-tour et le retrouve au milieu d’une sorte de garage automobile ouvert sur la route (à première vue, un taudis comme on dirait chez nous) et apparemment en pleine discussion avec 3 hommes. J’observe la scène de loin et comprends que le pouvoir de la photographie a encore montré ses effets ! J’attends…

En passant devant la citadelle et par le parc de l’indépendance, nous traçons ensuite vers le Qyrgy bazar, enthousiastes à l’idée de renouveler cette expérience incroyable ! Malgré un système similaire de découpage par secteur, ce 2e bazar offre une expérience toute autre : un espace intérieur à priori bien plus organisé, composé de nombreuses allées (assez larges au centre et de plus en plus étroites au fur et à mesure que l’on commence à s’enfoncer), et avec une affluence bien plus raisonnable. Les commerçantes, souriantes, n’hésitent pas à nous faire goûter leurs produits ! Dur de résister à l’appel de ces gourmandises, nous repartons fièrement avec quelques Qurt, cornichons, fruits… 

Mais quand il n’y en a plus, et bien il y en a encore ! Le bazar se prolonge bien au-delà des « murs » : des stands sont à même le sol, tous les trottoirs sont investis ! Nous naviguons ainsi, pris dans le mouvement de la foule, entre les gens et les victuailles… Nos regards s’attardent sur certains visages, parfois marqués par les rudesses de la vie, mais attention à ne pas trébucher sur les aspérités, crevasses et pavés manquants.

Nous engageant sur le chemin du retour, nous prévoyons une soirée tranquille et économique : soupe « BigBon » (il faut bien essayer quand même) et nos trouvailles au bazar feront bien l’affaire. Petite parenthèse sur cette fameuse soupe : il faut dire qu’en terme de nourriture post-apocalyptique, j’en ferai bien un stock dans mon placard à mon retour ;-D ! 

Le lendemain, nous partons un peu à vue, n’ayant pas particulièrement d’objectif prédéfini. Dans cet état d’esprit, un café ne serait pas de refus ! A l’abri de la route (routes qui sont ici, ma foi, gigantesques), entourés d’une pergola recouverte de plantes, nous profitons de ce moment pour discuter, écrire et retoucher des photos. Je leade le redémarrage car j’ai finalement bien envie de passer devant l’Université du nom de M. Aouezov (qui compte parmi les rares auteurs kazakh qui furent un jour traduits en français). Ma quête de lectures du pays sera restée vaine avant le départ, et ce n’est pas ici que je vais trouver quelque chose de compréhensible malheureusement. 

Deux points remarquables de cette 2e journée : l’Arbat* et le parc central ! Entre multiples fontaines, tulipes géantes, stands de nourriture en tout genre (du Kazakhstan à la Corée, en passant par un remake de Mcdo à peine dissimulé), toilettes transparents Miras à déverrouiller par reconnaissance faciale… il est agréable de se promener dans ce quartier et d’observer la vie des gens ordinaires.

*Arbat : Au Kazakhstan, l’ « Arbat » semble désigner une zone piétonne, vivante et dynamique, souvent au cœur de la ville. On en trouve à Almaty, Shymkent mais aussi Astana. Difficile de trouver l’origine et l’étymologie exactes de ce mot, plusieurs pistes étant proposées selon les sources. Néanmoins, il est fort probable qu’il marque les liens passés entre les mondes russe et arabe, à travers les échanges sur la mythique route de la soie. Pour plus d’informations, et surtout le point de vue kazakh de la chose, je vous propose d’aller voir cet article !

Mais tout cela passe bien vite et nous reprenons déjà le train demain pour Taraz, qui pour le coup, possède plus de 2000 ans d’histoire… d’après le chauffeur de taxi qui semblait très enthousiaste à l’idée de cette destination !


Modifié le

à

par

803 mots

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *