Pour en finir avec la vérification d’âge en ligne.

Quand aux scientifiques ils vulgarisent leurs études sur les réseaux sociaux et par le biais des GAFAM…. on est donc pas près de sortir du « shitstorm » sur le sujet :

Encore une fois, heureusement que la Quadrature du net nous expose le problème sérieusement avec des sources, car évidemment ce ne sont ni les médias mainstream, ni les réseaux sociaux qui éviteront les biais. Si la question qui consiste à vouloir imposer la vérification de l’âge des individus en ligne est absurde, de même que l’interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes (c’est en fait la même mesure) encore faut-il comprendre pourquoi :

Si l’anonymat en ligne paraît aujourd’hui loin d’être acquis dans de nombreux pays y compris en Europe, il n’en reste pas moins que nous devrions nous concentrer sur le fait de garantir ce droit à tous (y compris aux enfants d’ailleurs) car l’anonymat est aussi et d’abord une question de sécurité !

« les utilisateurs des moyens de communications électroniques sont en droit de s’attendre, en principe, à ce que leurs communications et les données y afférentes restent, en l’absence de leur consentement, anonymes et ne puissent pas faire l’objet d’un enregistrement. »

Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) et la cour Européenne des Droit de l’Homme (CEDH) / Quadrature du Net

Pour cela il faut cesser de vouloir mettre en place des pseudos vérifications d’âge, car par essence c’est le contraire dont il s’agit (l’Australie semble par exemple, après ses premières errances tester une voie plus juste : restreindre l’utilisation algorithmique). D’une part, car ces vérifications passent pour l’instant bien souvent par le fait de confier les données personnelles des citoyens à des sociétés tierces ce qui est loin d’être sûr, enfin et surtout, car elles pénalisent une majorité dans l’accès aux services numériques pour prétendre de manière illusoire protéger une minorité.

Ne devrait-on pas plutôt penser en terme d’éducation, instruire les enfants et fournir d’abord aux parents les outils intellectuels et techniques pour prémunir leurs enfants ? Il s’agit avant tout que chacun prenne conscience que mettre son enfant devant un écran n’est pas une éducation ! Mais aussi que chacun ai les connaissances pour gérer l’ordinateur familial, pour savoir pourquoi ne pas confier un smartphone à son enfant, ou du moins être conscient des conséquences que cela engendre etc. Après tout vous n’autorisez pas votre enfant à boire du vin ? A fumer des cigarettes ? A consommer de la cocaïne ?
On ne résout pas un problème de santé publique avec une politique punitive, mais en informant, en sensibilisant, en convaincant, en faisant de la prévention (et pas de la propagande). Et soyons confiants, les enfants élevés sans téléphone s’en portent manifestement très bien, et certaines écoles semblent même faire machine arrière sur la présence d’écrans dans le processus éducatif. Alors pourquoi pas, commencer à réduire les écrans à l’école, ne plus inciter les parents à « gérer leur enfant » avec « pronote » (qui de surcroît est une application propriétaire privée), ne plus exiger que les enfants aient un ordinateur et revoir entièrement l’idée même d’un dispositif comme parcoursup. Après tout n’est-il pas important de savoir aussi vivre sans ? Cela met profondément en lumière une hypocrisie de nos gouvernements, précipitant par exemple les citoyens vers toujours plus d’administratif dématérialisé tout en restreignant leurs libertés par ailleurs et en les culpabilisant de l’autre.

Au delà de cela, l’éducation des enfants pose la question de la dépendance européenne vis à vis des GAFAM, et notamment d’Android, de Windows, de MacOs comme cela a été souligné récemment par la politique américaine. S’il s’agit de devenir autonome, ne faudrait-il pas commencer par désintoxiquer les enfants ? Car autrement, je ne vois pas comment demain, les états européens pour ne parler que d’eux, seraient capables de lutter efficacement à court terme contre la vampirisation des données entamée par Meta, Google, Tik Tok, OpenAI, Anthropic et consorts…

  • Premièrement, parce que ce sont des sociétés qui ne sont pas européennes, c’est toujours légalement beaucoup plus compliqué de s’y attaquer. Et surtout parce que ces sociétés ont une capacité de lobbying énorme qui leur permet d’influer sur les lois locales.
  • Deuxièmement, parce que le tableau des droits de l’homme dressé par Amnesty international n’est déjà pas reluisant en France, il s’agirait de redorer notre blason après les errances totalitaires de nos gouvernements successifs au lieu de restreindre encore les libertés individuelles.
  • Troisièmement, parce que nos dirigeants semblent dépassés sur de nombreux points dès qu’il s’agit de protéger leurs populations des maladies (COVID), des guerres (Yougoslavie dans les années 90, Ukraine aujourd’hui), des hackers (Piratage de l’ANTS par un enfant de 15 ans, Application de vérification d’âge de l’UE inutile et dépendante de google…etc. ).
  • Et enfin parce qu’en matière de numérique spécifiquement, l’Europe est à la traîne, on en veut pour preuve qu’aucune alternative crédible en matière d’IA ne vient d’Europe, à part peut être Mistral, qui a néanmoins bénéficié d’appui américains dans son développement. De toute façon, même si Mistral fini par rattraper un jour son retard sur un leader comme Anthropic, l’Europe n’a pas au contraire de l’Asie et des USA la capacité de produire des GPU ou des dispositifs à semi-conducteurs (puces) ce qui est un énorme handicap. Je ne crois pas trop m’avancer en disant qu’il ne pourra pas être comblé à court terme, ni même probablement à moyen terme.

Bref l’Europe est globalement larguée stratégiquement sur le numérique, c’est un fait, n’en profiterions nous pas pour penser les problématiques d’une façon nouvelle et penser notre développement et celui de nos enfants d’une autre manière ? Par exemple en axant notre rayonnement sur la culture, l’éducation et la recherche ? Certains ricanent je les vois dans le fond, mais acceptez d’y réfléchir un instant sans idée préconçues, ne serait ce pas quelque chose que le monde entier pourrait nous envier ? Et dont on peut largement se douter qu’il générerait une spirale vertueuse ? A l’heure ou les Etats-Unis font des choix contraires à la recherche, à l’éducation, il serait peut être utile de saisir l’avantage que nous avions un temps, et dont il ne tient qu’à nous de repenser le développement pour en faire un fer de lance du rayonnement international européen. Et cela passe en premier par ne pas intoxiquer les jeunes esprits avec des services technologiques qui inhibent leur réflexion et leur développement futur. Est ce donc si compliqué de refuser de droguer son enfant au smartphone avant 16 ans ?

Sources

L’impact des réseaux sociaux sur la dépression des jeunes :

L’impact de la dépénalisation des drogues au Portugal :

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