Arrivée à Astana, Capitale du Kazakhstan


1er octobre 2026

Après un vol low-cost calamiteux, il convenait quand même d’en dire un petit mot avant de parler de la suite. La compagnie Pegasus, qui manifestement, à l’instar d’un de leurs Stewarts ultra condescendant, avait oublié qu’ils accueillaient des humains et pas du bétail (le bétail ne mérite pas ça) avait prévu un vol d’environ 3 heures, puis 5 heures. Probablement car des vols plus longs l’aurait obligé à un service plus soigneux, c’est du moins ce que j’ai supposé avec un peu de cynisme, j’avoue. Bref la compagnie, non contente de fournir des Airbus A321 avec des sièges format low-cost sans place pour les jambes (je fais 1m83 ce n’est pas non plus géant), a fini par nous poser à Istanbul en transit.

Je confesse que c’était un immense soulagement car derrière nous en plus des conditions évoquées, un couple avec deux enfants en bas âge nous ont donné des envies de meurtre tout le trajet. Leur enfants ont passé leur temps à hurler et à taper dans nos sièges, mais le pire comme toujours dans ces cas là c’était bien leurs parents qui après 3 remarques (une fois notre voisin et deux fois de ma part), n’ont pas été capables d’en venir à bout. Honnêtement, un tel degré de nullité parentale, ça donne du crédit à tous les no-childs de la terre ! Vous n’êtes pas capables de faire des enfants ? Par pitié abstenez vous, le monde s’en portera mieux à tous les niveaux, acceptez le destin ! Et puis à quoi bon mettre au monde des enfants : ils vont mourir d’apocalypse climatique, vous n’avez pas les moyens de les sauver, vous ne serez pas capables de les éduquer correctement (à force de pseudos-concepts éducatifs délétères), ils deviendront débiles à force de Tik-Tok et d’Instagram, avec un peu de chance ils finiront même en taule. Sérieusement ! Un peu comme les chiens avec leur maîtres, il est difficile de blâmer les chiens ou les enfants, quand les maîtres et les parents sont justes des incapables… mais trêve de colère. Après avoir un temps envisagé de les traumatiser en leur hurlant soudainement dessus pour leur faire comprendre ce qu’ils faisaient endurer aux autres, ce qui semblait malheureusement loin de leur imaginaire, nous avons rongé notre frein sans violence (notre karma nous en remerciera peut être un jour).

Et pourtant, pour lutter contre ce genre de fléau, l’habitude des voyages nous avait poussé à nous équiper depuis longtemps d’un kit de survie à base de casques « noise-réduction », de bouchons d’oreille etc. mais nous ne pouvions pas lutter contre les coups dans les sièges et les cris à moins d’un mètre de distance.

Heureusement, le deuxième vol s’est passé plus calmement, malgré nos jambes coincées, nous avons géré ça au mieux, sans dormir pour ma part (essayez de faire ça dans un siège low-cost à 3 par rangée, chapeau à ceux qui y arrivent je vous envie😱) puis nous nous sommes finalement posés brutalement à Astana, juste avant le petit matin, délivrés.

Fourbus, nous sommes donc sortis de l’aéroport après un petit face à face silencieux avec l’immigration, avec un record (sans blaguer) d’un seul mot échangé de part et d’autre dans un long silence de 10 minutes : « Istanbul », « Yes ». Difficile de ne pas rire, mais je suis pourtant resté impassible, la fatigue probablement.
Pour fuir les taxis trop insistants, nous avons fini par monter dans un bus au hasard incités par le chauffeur qui ne parlait que kazakh. Nous avons compris que nous ne parviendrions jamais à payer, à cause d’un système de QR code impossible à utiliser pour les étrangers car nécessitant un compte Kazakh. La contrôleuse à d’ailleurs compris ce que le chauffeur savait manifestement déjà, à savoir que nous étions de bonne volonté, elle nous a donc proposé de lui lâcher la grappe (en Kazakh bien entendu) lorsqu’elle a constaté, que malgré nous, le système était de notre côté et nous interdisait de payer. Bref nous avons pris le bus en fraude avec l’assentiment de tout le monde à 6h du matin au soleil levant, la traversée d’Astana n’en a été que meilleure, le voyage n’aurait pu trouver meilleures auspices !

Au bout du chemin nous avons trouvé un hôtel gigantesque (nous l’avions choisi pour le délire) dont nous avons mis probablement une heure à trouver la bonne entrée (sans blagues !). Après avoir demandé à plusieurs mamies Kazakhs, probablement les concierges, nous avons fini par nous retrouver au 22ème étage d’une tour, sans personne. Finalement après plusieurs trajets d’ascenseur et interactions colorées avec les mamies, qui avaient vraiment de bonnes bouilles, une dame fourbue d’une cinquantaine d’années nous a accueillis. Nous avons pu enfin poser nos sacs, et aller non loin de là pour boire un café ma foi délicieux, béats.

Nous avons ensuite été nous balader, toujours sans avoir dormi, histoire de ne pas nous endormir dans un coin avant d’avoir un lit où nous écrouler. Nous avons fait un tour jusqu’à la rivière Ichim, l’avons longée en direction du nord passant près du Capital Circus un théâtre en forme de soucoupe volante, puis du colossal drapeau de la république du Kazakhstan. Nous avons alors contourné le parc central d’Astana en suivant l’Ichim vers l’ouest jusqu’à l’avenue Turan, puis sommes rentrés vers 13h après avoir mangé des ramens, et nous sommes écroulés jusqu’à 18h30. La nuit venue – en ce moment elle tombe avant 18h – nous voilà repartis dans la ville illuminée ou nous irons découvrir le Khan Shatyr, l’Opéra… La ville est folle, tout semble être délires d’architectes et de politiciens mégalomanes, étrange tellement parfois elle semble conçue sans les humains ! Au point que c’est souvent difficile de traverser les routes (encore plus quand elles font entre 7 et 10 voies). Il faut dire que la ville est récente, et n’a été vraiment « finalisée » sous sa forme actuelle qu’après sa proclamation comme capitale en 1998, et les Kazakhs ne manquent pas d’espace. Enfin, après avoir goûté la charcuterie de cheval, du fromage bleu, et un verre de vin blanc, le tout local et très agréable, nous retrouvons le chemin de notre lit et nous en avions besoin.

Le côté froid au sens architectural de la ville n’a apparemment pas du tout entamé le comportement des humains qui sont polis et ceux que nous croisons sont courtois et plutôt avenants lorsqu’on leur demande de l’aide, même si au premier abord ils arborent parfois une mine un peu blasée. Les jeunes d’une trentaine d’années ne parlent pas tous anglais, un soutien de traducteur téléphonique sera souvent bien utile tout de même ;-).

Un rapide point sur la situation financière nous signale que nous sommes un peu au dessus des prévisions, nous essayons de tenir un budget de 40 euros par personne et par jour, histoire de vivre le voyage avec quelque chose comme un smic français.

Le soir nous décidons de nous lever tôt, le lendemain, pour profiter de la ville.

2 octobre 2026

C’est un échec, le réveil sonne peu après 8 heures mais ayant dormi trop peu la veille, nous décidons de rester au lit. Nous partirons finalement vers midi un peu requinqués. Nous nous rendons à la tour Baiterek, et continuons l’esplanade jusqu’au Ak Orda, l’impressionnant palais présidentiel entouré d’un grand parc. Nous tentons de rejoindre le parc en descendant les marches, le coup de sifflet d’un militaire surveillant la zone nous rappelle à l’ordre, on ne se rapproche manifestement pas plus loin du palais présidentiel qui se trouve encore à plus de 300 mètres à vol d’oiseau. Le parc est donc manifestement réservé aux personnes autorisées.

Nous remarquons d’ailleurs qu’un effort particulier a été fait dans la ville pour constituer d’importants espaces verts plantés de millions d’arbres. Franchement c’est une initiative réjouissante, il est très agréable de les traverser le soir, même si en journée les arbres n’ont souvent pas encore atteint une taille suffisamment respectable pour faire beaucoup d’ombre.

Comme Schuiten et Peeters qui ont fantasmé des villes imaginaires on dirait Astana sortie d’une BD, mixage entre l’orient et l’occident, parsemée de mosquées de tailles impressionnantes, une seule chose semble ici être la règle : la démesure. Comme si le terrain de jeu de la steppe Kazakh était si vaste qu’il n’avait opposé aucune résistance et que les architectes avaient pu délirer sans limites. Alors bien sûr tout est un peu de bric et de broc, on sent que tout a été construit très vite, on ne comprend pas trop pourquoi tout peut être absurdement soigné à l’image de ces jardiniers qui éradiquent à la débroussailleuse les plantes poussant entre les pavés et comment d’autres endroits voisins peuvent être tout « destroy ».

Astana compte une ligne de tram aérien assez impressionnante qui renforce encore son aspect futuriste, elle relie l’aéroport et la gare de l’est. De passage à côté d’une station nous en profitons pour nous renseigner : les cartes de paiement occidentales fonctionnent, les bornes automatisées sont claires et traduites. Un agent qui parle très bien anglais nous demande où nous voulons aller. Nous saisissons l’occasion pour lui demander ce qu’il en est avec le bus : c’est bien de voyager gratuit mais on aimerai savoir pourquoi ! Il nous confirme qu’effectivement les étrangers ne peuvent pas le payer ! Seules les cartes locales le permettent, et les chauffeurs ne vendent pas de billets en espèces.

L’absurdité côtoie donc la modernité, comme partout le « numérique » est adopté comme une religion sans réflexion… Jusqu’à ce qu’un pays décide avec bon sens de restaurer ce qui semble logique (la Chine a par exemple décidé d’imposer l’adoption par l’industrie automobile de boutons pour les fonctionnalités importantes, le tactile n’étant pas aussi « safe », ce que tout utilisateur sait depuis le début. Mais qu’il a fallu que des « études » le valident récemment pour qu’il se passe quelque chose).

Forts de ces informations nous parvenons après renseignement d’abord, dans un bar à chicha servant de la bière, puis dans un bureau de change, à trouver un automate pour retirer du cash avec nos cartes VISA et Mastercard… jusque là nous n’avions pas compris ! Aucun distributeur ne le permettait… Et puis ils sont super déconcertants, car souvent équipés de QR codes et de dispositifs de reconnaissance d’empreintes !

Pour info : Ceux de la banque Halyk le permettent sans fioritures, si l’on en trouve pas (les distributeurs sont souvent dans des centres commerciaux, grands et surchauffés), il faut entrer dans une banque pour le faire au guichet.

Nous rentrons donc avec des renseignements, et du liquide qui nous aidera hors de la ville par la suite. Nous marchons jusque vers 18h puis allons manger dans une espèce de cantine locale très peu chère mais très rudimentaire, malgré une foule conséquente sur place. Les brochettes d’agneau sont correctes, le plat traditionnel d’abats et pommes de terre n’est pas cuisiné, on a l’impression qu’ils se sont contentés de bouillir tout ça… c’est ultra décevant. Et, tristesse ! Les raviolis sont un peu froids et collants, probablement juste réchauffés au micro onde à l’arrache, seul le riz est bon. Les légumes ne semblent pas à l’honneur de la nourriture Kazakh, peuple de nomades plutôt éleveurs, à la base, donc pas trop étonnant. On se promet que le lendemain on trouvera mieux, on est probablement pas tombés sur la bonne cuisine.


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Une réponse sur “Arrivée à Astana, Capitale du Kazakhstan”

  1. Ah, la communauté des  » no child »! Ne vous êtes vous pas dit, finalement, que les coups de pied pouvaient être intentionnels? Attention, à la comparaison de l’enfant avec l’animal, bien que les deux aient tendances à se comporter de manière similaire, l’un est en capacité de payer nos retraites, l’autre de nous faire chuter à un âge avancé.
    Merci en tout cas pour cette belle description et narration de votre arrivée. En effet, à vous lire, cette ville ressemble beaucoup aux » cités obscures » de Schuiten et Peeters . Après tout, c’est une ville récente qui s’est développée dans l’excès et le meilleur vous attend sans doute au delà de ses faubourgs.
    J’ai hâte de lire la suite !

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