Des « a » aux « i », l’entre deux postes frontières…


22 octobre 2026

Ça y est, la fenêtre ouverte sur le Kazakhstan tend à se fermer sur une fin de séjour à Almaty assez mouvementée, comme vous avez pu le constater… 7h : le réveil sonne ! Il faut se rendre à la gare routière, direction Bichkek, la capitale du Kirghizistan.

Bien que nous ayons balisé le chemin par le métro, cela engage quand même beaucoup de marche (un peu trop avec nos sacs à dos), nous tentons donc de prendre le bus. Une fois à bord, nous donnons l’argent au chauffeur qui, en échange, ne nous donne rien, aucun ticket (j’avais déjà lu cela sur internet, donc je ne m’inquiète pas plus que ça…). Mais voilà la contrôleuse, qui malgré l’incompréhension qui inonde son visage, nous laisse finalement tranquilles.

45 minutes plus tard, c’est la chute ! Je loupe une marche en sortant du bus, tombant lourdement sur mes genoux, mais la hauteur du sac me permet de me retenir et de rester à peu près droite. Les nerfs lâchent : entre la fatigue qui se fait sentir, le dépaysement qui demande une certaine dose d’énergie (il faut bien le dire), le sentiment d’avoir été ridicule en m’écroulant devant tout le monde et l’intensité des émotions pendant ce séjour à Almaty, je ne peux retenir quelques larmes. Un café plus tard, ça ira tout de suite mieux ! Les douceurs de Philémon et la perspective de pouvoir dormir dans le bus me consolent un peu…

Le bus décolle de la gare routière vers 10h, pour a priori 4h de trajet. Il semble plein d’étrangers, plus que nous n’en ayons vus depuis le début de ce voyage (un japonais, des russes… et même un français). Après les mémorables steppes kazakh, dont nous connaissons quelques secrets grâce à nos longs trajets ferroviaires. Nous traversons enfin la montagne Tian Shan, qui suit la frontière, à la découverte d’un autre pays… qui aux premiers abords, ne semble pas si différent du précédent.

Photo prise par Abéona
Photo prise par Abéona

Mais d’abord, prenons le temps de faire un focus sur le passage de la frontière en lui-même : première frontière terrestre que je traverse à pied dans ma vie ! Cela fût une expérience intéressante (non teintée d’une certaine appréhension) :

1) Le bus s’arrête et, sans un mot, l’intégralité des passagers descend (les quelques étrangers repérés lors de la montée semblent aussi perdus que nous). Nous descendons, récupérons nos sacs subrepticement et suivons le mouvement sans bien comprendre ce qui se passe. Un touriste russe, qui semble aussi désemparé que nous le sommes, nous partage les informations qu’il a obtenu du chauffeur : ce dernier nous retrouvera de l’autre côté de la frontière. Il faut donc passer à pied.

2) Un premier sas de sécurité apparaît : comme à l’aéroport, on pose les affaires sur un tapis roulant qui s’enfonce dans une boite noire… A priori ça scanne mais bon, personne n’est laissé sur le côté (ils n’ont pas l’air très regardants). 

3) Contrôle de passeport n°1 : on s’avance, un par un, devant un militaire kazakh. La seule consigne est de faire face à la caméra (opération qui se révèle n’être pas si simple avec un gros sac dans le dos, au vu de l’étroitesse du couloir dans lequel il faut se présenter). Aucun mot, aucun regard direct… il tamponne et rend le passeport, ouf, on est passés ! 

4) Après quelques mètres dans un couloir extérieur entièrement grillagé, où semblent abandonnés quelques bagages, nous tombons sur un 2e contrôle de passeport : kirghiz, évidemment ! Même chanson : aucun mot, aucun regard, juste une caméra, un tampon et c’est bon ! On est de l’autre côté, pour de vrai cette fois. 

Commence la recherche du fameux bus… Tels des lapins pris dans les phares d’une voiture, c’est comme si nous étions tous dans l’attente d’une réponse tombée du ciel ! Si l’incertitude de la situation crée dans un premier temps des rapprochements, au fil de l’eau le collectif se dissout : certains décident de prendre un taxi, d’autres les bus de la ville (un monsieur parlant anglais nous invite d’ailleurs à monter) mais nous ne le ferons pas, suivant les infos de notre collègue-touriste russe… Nous décidons d’avoir foi et d’attendre.

Pendant ce temps, Philémon se décide à engager des négociations pour acheter une carte SIM kirghize, quand malheureusement, je m’aperçois que tous les passagers du bus partent rapidement le long de la route. Ni une, ni deux j’en informe Philémon et nous partons sans carte SIM, presque en courant pour éviter que le bus ne parte sans nous. Satisfaits et convaincus d’avoir bien fait d’attendre, nous allons bientôt déchanter lorsque nous découvrons où le bus va nous laisser : LE TROU DU CUL DU MONDE ! Une gare routière au milieu d’un no-man’s land où il n’y a même pas de route (seulement du béton, de la poussière, des trous et des cailloux). Il nous faudra pas loin de 45 min de taxi pour rejoindre notre logement.

Arrivés à l’appartement vers 17h, soit 2h après ce que nous avions prévu naïvement, nous repartons quasi illico à la recherche de la fameuse carte SIM ! Petite parenthèse sur ce point, car je me suis bien faite niquer : il est possible d’acheter sur place des cartes SIM et eSIM avec données illimitées pour environ 5€ ! Bien loin des 10Go vendus 30€ par Revolut… Bref, cela a au moins eu le mérite de prendre un taxi sans encombres, de trouver l’appartement (plus ou moins facilement) et un endroit où les fameuses cartes étaient vendues.

Après toutes ces aventures, nous décidons d’aller boire un verre et, par chance, tombons sur une véritable pépite depuis le début de ce voyage : le Brewster, un bar-brasserie dans le sous-sol d’un bâtiment qui offre, pour des prix imbattables, un bel échantillon de bières pressions locales. Nous sentant bien dans cette ambiance détendue et accueillante, dont la mixité des personnes en présence est agréable à noter (ça parle un peu toutes les langues ici), nous profitons également de la nourriture sur place.

Maintenant il est temps de rentrer et d’en profiter pour se poser, car la journée a quand même été assez mouvementée. Demain nous partirons plus avant à la découverte de Bichkek !!


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